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Croyances et religion au Québec

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florence_yvonne




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MessageSujet: Croyances et religion au Québec   Dim 10 Fév - 12:13

Le Canada est un pays à prédominance chrétienne. En effet, 97 p. 100 de sa population est de foi chrétienne, la majorité étant protestante. La vie tourne, à bien des égards, autour des activités et groupes religieux.

Ce sont les Églises, non les gouvernements, qui fournissent les services sociaux et qui s'occupent des pauvres et des nécessiteux. La plupart des œuvres caritatives sont affiliées à une Église.

Avec 2 200 000 membres, l'Église catholique romaine, dont la majorité des adeptes vivent au Québec, est la principale confession religieuse. Les Méthodistes, les Presbytériens et les Anglicans constituent les trois grands groupes protestants et comptent 2 400 000 croyants.

Les répercussions du traité sur l'évolution, intitulé De l'origine des espèces, et publié par Darwin en 1871, continuent à se faire sentir. La foi orthodoxe a du mal à concilier les découvertes scientifiques avec les enseignements de l'Ancien Testament. Ces nouvelles théories ébranlent les croyances des Canadiens au cours des 20 années qui suivent.

Ventilation approximative :



En 1901, les religieuses représentaient 6 p. 100 de toutes les femmes célibataires du Québec.

Au beau milieu de ce tumulte, de nouvelles valeurs gagnent peu à peu du terrain dans les Églises protestantes. On a l'habitude de dire que si les gens sont pauvres, c'est leur faute - un résultat de leur paresse et de leurs habitudes de vie. Maintenant, les « démons » de l'industrialisation font monter les taux de criminalité et de pauvreté et font détériorer les conditions de travail et de vie. Certaines églises commencent à faire valoir qu'il faut changer le système et non la personne.

Au Québec, le catholicisme conservateur exerce une très grande influence, même si ailleurs dans le monde l'Église catholique commence à se libéraliser. Les Ultramontains, une faction de l'Église, soutiennent que le Québec devrait devenir une théocratie - un État religieux et que les préceptes de l'Église catholique devraient servir d'assisse aux lois provinciales.

On décourage les gens d'adhérer à des syndicats. L'uniformité culturelle à laquelle donne lieu le catholicisme développe chez les Québécois un puissant sens de la famille et d'appartenance, mais fait aussi en sorte que le Québec a du retard par rapport au Canada anglais au chapitre de la création d'une économie industrielle.

La cohabitation de populations protestantes et catholiques sur un même territoire n'est pas toujours harmonieuse. Au Manitoba, par exemple, la mise en place, en 1890, d'un système d'écoles publiques qui remplace le système d'écoles confessionnelles prévu par la constitution de la province lors de sa création en 1870, provoque un affrontement. Les catholiques, francophones pour la plupart, considèrent les écoles publiques comme un lieu de propagande protestante et une voie détournée pour éliminer le fait français au Manitoba. Ils ont l'appui des autres francophones du Canada et, notamment, de ceux de la province de Québec encore secoués par la conclusion de l'affaire Riel qui ne date que de 5 ans.

Le refus du gouvernement fédéral de désavouer la loi manitobaine, ainsi que les décisions de la Cour Suprême du Canada et du Conseil Privé de Londres qui jugent que le gouvernement du Manitoba a le droit d'adopter une telle loi et qui ajoutent que le gouvernement fédéral peut toutefois intervenir, n'arrangent rien.

Sir Charles Tupper, nouveau chef du parti conservateur et premier ministre du Canada, propose une « loi réparatrice » qui a l'appui des évêques. Wilfrid Laurier, chef du parti libéral, cherchant ses appuis au Québec, mais craignant de perdre des votes dans l'Ouest et ne voulant pas, de plus, que le gouvernement fédéral intervienne dans les affaires internes d'une province, s'oppose à la loi. Tupper provoque des élections. Malheureusement pour lui, le parti libéral remporte la victoire et Laurier, qui promet de résoudre le problème, devient premier ministre. Après des négociations avec le gouvernement manitobain, on arrive à un compromis qui prévoit un système scolaire neutre mais autorise, sous certaines conditions, l'enseignement de la religion catholique et l'usage du français là ou se trouve un nombre spécifique d'élèves francophones.

Les francophones ne sont pas satisfaits et s'agitent. Toutefois, à la suite de l'intervention de Rome qui juge la loi « défectueuse et imparfaite », mais qui exhorte à la « tolérance »; et incite les catholiques à « tirer le meilleur parti possible » des compromis obtenus, les esprits se calment.

Rien n'est cependant réglé, et le problème refait surface en 1905, lors de la création de la Saskatchewan et de l'Alberta, et de nouveau en 1912, quand le Manitoba annexe le district de Keewatin.
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